De nos jours, on atteint l'autre bout du monde après un voyage d'un peu plus de 24 heures (24h45 à l'aller, 27h35 au retour, pour être précise).
Décoller de Paris, changer d'avion à Londres, embarquer dans un long-courrier pour plus de vingt heures de vol, faire escale à Bangkok (à l'aller) ou à Hong Kong (au retour), encaisser dix heures de décalage horaire et survoler l'Himalaya, c'est déjà en soi une aventure. L'expérience me passionne. Au-dessus des nuages, entre deux hémisphères, j'éprouve une étrange impression de liberté, de détachement. Si ce n'est pas de la longue distance!
Mardi 24 novembre 2009, 06:00, le 747 de la British Airways atterrit à Sydney... sans Spirit, qui est resté à Londres! La compagnie britannique s'excuse, mon compagnon arrivera le lendemain, et sera expédié directement à mon hôtel. C'était un mal pour un bien: je n'ai pas eu besoin de traîner ma lourde et encombrante valise dans les transports en commun de Sydney.
Grâce à mes amis Barbara et Rick, qui, par je ne sais quelle combine, disposent de points pour payer certaines grandes chaînes hôtelières, je suis magnifiquement logée dans le quartier le plus touristique et le plus chic de la cité, The Rocks, à deux pas de Circular Quay, de l'Opéra et du célèbre pont Harbour Bridge.
J'ai tout le loisir d'aller flâner, nez au vent, dans les allées des Royal Botanic Gardens et autres espaces verts, très nombreux à Sydney, d'écouter les joueurs de didgeridoo, déguisés en aborigènes pour distraire les badauds, et de prendre le ferry pour visiter le zoo de Taronga, où l'on peut observer, parmi de multiples animaux endémiques, des kangourous, des koalas, des wombats et des ornithorynques.
Décoller de Paris, changer d'avion à Londres, embarquer dans un long-courrier pour plus de vingt heures de vol, faire escale à Bangkok (à l'aller) ou à Hong Kong (au retour), encaisser dix heures de décalage horaire et survoler l'Himalaya, c'est déjà en soi une aventure. L'expérience me passionne. Au-dessus des nuages, entre deux hémisphères, j'éprouve une étrange impression de liberté, de détachement. Si ce n'est pas de la longue distance!
Mardi 24 novembre 2009, 06:00, le 747 de la British Airways atterrit à Sydney... sans Spirit, qui est resté à Londres! La compagnie britannique s'excuse, mon compagnon arrivera le lendemain, et sera expédié directement à mon hôtel. C'était un mal pour un bien: je n'ai pas eu besoin de traîner ma lourde et encombrante valise dans les transports en commun de Sydney.
Grâce à mes amis Barbara et Rick, qui, par je ne sais quelle combine, disposent de points pour payer certaines grandes chaînes hôtelières, je suis magnifiquement logée dans le quartier le plus touristique et le plus chic de la cité, The Rocks, à deux pas de Circular Quay, de l'Opéra et du célèbre pont Harbour Bridge.
J'ai tout le loisir d'aller flâner, nez au vent, dans les allées des Royal Botanic Gardens et autres espaces verts, très nombreux à Sydney, d'écouter les joueurs de didgeridoo, déguisés en aborigènes pour distraire les badauds, et de prendre le ferry pour visiter le zoo de Taronga, où l'on peut observer, parmi de multiples animaux endémiques, des kangourous, des koalas, des wombats et des ornithorynques.
Sydney Harbour Bridge, une arche en acier qui culmine à 134m au-dessus de l'eau, c'est la voie principale pour traverser la baie de Sydney
C'est également une gare ferroviaire et routière
ou de voiliers, une toiture lumineuse, en tuiles de céramique blanche

Kangourou au zoo de Taronga (Sydney)
The Ferry Long Way Round
The Ferry Long Way Round est le nom d'une randonnée permanente de 200 kilomètres proposée par les Audax Australia et plus précisément par les créateurs de ce brevet, Rebecca Morton et Howard Dove.
Je suis entrée en contact avec Rebecca après avoir demandé sur le forum des randonneurs australiens où je pourrais bien me procurer une carte d'Australie pour mon GPS. Ayant appris qu'elle habitait Waitara, une ville de la banlieue nord de Sydney, je l'ai priée de me conseiller une randonnée dans les environs. En effet, j'en avais repéré plusieurs sur le site des Audax Australia. Un peu gênée de proposer sa propre marchandise, Rebecca m'a pourtant assuré que le Ferry Long Way Round était un 200 très pittoresque, empruntant des routes paisibles.
Il n'en fallait pas plus pour me décider. Les trois jours passés à arpenter Sydney n'avaient pas été désagréables mais j'en avais gardé des fourmis dans les jambes. Je brûlais d'explorer l'arrière pays et de pédaler à travers la campagne. C'est mon petit côté intégriste: je veux bien faire du tourisme, à condition que ce soit à vélo, et que les paysages l'emportent sur les monuments...
Vendredi matin, je quitte donc l'hôtel de très bonne heure, accompagnée de Rick, qui souhaite partager l'aventure. Rick est arrivé la veille, en provenance de Seattle, via Los Angeles. Hélas, ni Barbara, son épouse, ni Bob (l'Américain du REV) n'ont pu être du voyage.
Nous nous rendons à vélo jusqu'à Wynyard Station, prenons le train avec nos montures, et, une vingtaine de minutes plus tard, nous descendons à Waitara, de façon à sonner chez Rebecca peu avant sept heures. Celle-ci nous apporte nos cartes de route, et nous voilà partis.
C'est le début de l'été, il fait un temps superbe, très chaud. Nous quittons assez rapidement la zone agglomérée et le véritable dépaysement commence.
Jusqu'à présent, d'être à l'autre bout du monde ne m'avait pas paru une expérience bouleversante. On peut raisonnablement comparer Sydney à Paris, Waitara à Orsay et le City Rail au RER B. Il y a des différences, évidemment, mais ce sont surtout les ressemblances qui frappent. Ce vendredi-là, le voyage a débuté aux portes de la ville.
Nous nous retrouvons immergés dans le bush, l'arrière pays australien, peu habité, composé de prairies, savanes, forêts et broussailles. Les étendues sont immenses. Je suis fascinée par l'odeur enivrante des eucalyptus et par les chants des oiseaux, très exotiques. Tandis que je m'émerveille, le soleil s'emploie à me rôtir la peau. Il est fort, bien plus fort qu'en Provence, surtout ces jours-ci, où la Nouvelle-Galles du Sud subit une grosse vague de chaleur (les 40 degrés sont dépassés); je dois d'ailleurs m'arrêter en chemin pour acheter de la crème solaire, car je suis en train de prendre la même couleur que ma nouvelle tunique de l'ACP.
Le parcours (consultable sur Bikely) trace une boucle au départ de Waitara. On se dirige d'abord plein nord, en roulant (à gauche!) sur la Pacific Highway (celle-ci est doublée par la Sydney Newcastle Freeway, qui draine la majeure partie du trafic), puis sur une route plus modeste, jusqu'à Central Mangrove.
De là, on redescend progressivement vers le sud, en suivant les méandres de la Hawkesbury River, un des principaux cours d'eau de la Nouvelle-Galles du Sud, que l'on traverse trois fois en prenant le ferry, d'où le nom du brevet. Le parcours comporte quelques belles côtes et le dénivelé total atteint les 2034 mètres ("too flat", dira Rick en grinçant des dents).
En Australie, les distances sont exprimées en kilomètres. Un "Permanent" australien de 200km est semblable à un BRM (dont il s'inspire): on doit l'effectuer en autonomie, respecter une moyenne minimale de 15km/h (soit un délai de 13h20) et faire valider sa carte de route aux lieux de contrôle désignés par l'organisateur; mais on ne peut pas l'utiliser pour se qualifier aux randonnées internationales.
Je suis entrée en contact avec Rebecca après avoir demandé sur le forum des randonneurs australiens où je pourrais bien me procurer une carte d'Australie pour mon GPS. Ayant appris qu'elle habitait Waitara, une ville de la banlieue nord de Sydney, je l'ai priée de me conseiller une randonnée dans les environs. En effet, j'en avais repéré plusieurs sur le site des Audax Australia. Un peu gênée de proposer sa propre marchandise, Rebecca m'a pourtant assuré que le Ferry Long Way Round était un 200 très pittoresque, empruntant des routes paisibles.
Il n'en fallait pas plus pour me décider. Les trois jours passés à arpenter Sydney n'avaient pas été désagréables mais j'en avais gardé des fourmis dans les jambes. Je brûlais d'explorer l'arrière pays et de pédaler à travers la campagne. C'est mon petit côté intégriste: je veux bien faire du tourisme, à condition que ce soit à vélo, et que les paysages l'emportent sur les monuments...
Vendredi matin, je quitte donc l'hôtel de très bonne heure, accompagnée de Rick, qui souhaite partager l'aventure. Rick est arrivé la veille, en provenance de Seattle, via Los Angeles. Hélas, ni Barbara, son épouse, ni Bob (l'Américain du REV) n'ont pu être du voyage.
Nous nous rendons à vélo jusqu'à Wynyard Station, prenons le train avec nos montures, et, une vingtaine de minutes plus tard, nous descendons à Waitara, de façon à sonner chez Rebecca peu avant sept heures. Celle-ci nous apporte nos cartes de route, et nous voilà partis.
C'est le début de l'été, il fait un temps superbe, très chaud. Nous quittons assez rapidement la zone agglomérée et le véritable dépaysement commence.
Jusqu'à présent, d'être à l'autre bout du monde ne m'avait pas paru une expérience bouleversante. On peut raisonnablement comparer Sydney à Paris, Waitara à Orsay et le City Rail au RER B. Il y a des différences, évidemment, mais ce sont surtout les ressemblances qui frappent. Ce vendredi-là, le voyage a débuté aux portes de la ville.
Nous nous retrouvons immergés dans le bush, l'arrière pays australien, peu habité, composé de prairies, savanes, forêts et broussailles. Les étendues sont immenses. Je suis fascinée par l'odeur enivrante des eucalyptus et par les chants des oiseaux, très exotiques. Tandis que je m'émerveille, le soleil s'emploie à me rôtir la peau. Il est fort, bien plus fort qu'en Provence, surtout ces jours-ci, où la Nouvelle-Galles du Sud subit une grosse vague de chaleur (les 40 degrés sont dépassés); je dois d'ailleurs m'arrêter en chemin pour acheter de la crème solaire, car je suis en train de prendre la même couleur que ma nouvelle tunique de l'ACP.
Le parcours (consultable sur Bikely) trace une boucle au départ de Waitara. On se dirige d'abord plein nord, en roulant (à gauche!) sur la Pacific Highway (celle-ci est doublée par la Sydney Newcastle Freeway, qui draine la majeure partie du trafic), puis sur une route plus modeste, jusqu'à Central Mangrove.
De là, on redescend progressivement vers le sud, en suivant les méandres de la Hawkesbury River, un des principaux cours d'eau de la Nouvelle-Galles du Sud, que l'on traverse trois fois en prenant le ferry, d'où le nom du brevet. Le parcours comporte quelques belles côtes et le dénivelé total atteint les 2034 mètres ("too flat", dira Rick en grinçant des dents).
En Australie, les distances sont exprimées en kilomètres. Un "Permanent" australien de 200km est semblable à un BRM (dont il s'inspire): on doit l'effectuer en autonomie, respecter une moyenne minimale de 15km/h (soit un délai de 13h20) et faire valider sa carte de route aux lieux de contrôle désignés par l'organisateur; mais on ne peut pas l'utiliser pour se qualifier aux randonnées internationales.
Premier contrôle au Corrugated Café, Peats Ridge (km57)
Zone marécageuse aux abords de la rivière
Rick en proie à des soucis mécaniques
Première traversée de la Hawkesbury River à Wisemans FerryCe café vend des spécialités ou "bouchées" ("bites") du bush
Seconde traversée à Lower Portland
Troisième contrôle à Sackville Ski Inn (km150)Le Ferry Long Way Round se termine de fort agréable manière. Invités à nous rafraîchir chez Rebecca et Howard, nous passons une bonne heure à discuter de vélo, de l'Australie et surtout de l'épreuve qui nous attend le surlendemain.
Car vous imaginez bien que Spirit et moi-même ne sommes pas allés à l'autre bout du monde pour faire un simple brevet de 200 kilomètres. Celui-ci n'était, pour ainsi dire, qu'une petite mise en bush...
Une nouvelle aventure commence...
A suivre...
Sydney-Melbourne Alpine 1200
the Big Ride







